Po co owijać w bawełnę, skoro i tak wiadomo, że po pomoc do Was przychodzę, a nie na pogaduszki. Krótko: w chwili obecnej piszę pracę do pewnego czasopisma, lecz pisanie ugrzęzło mi w martwym punkcie; do tej pory radziłam sobie, posiłkując się tekstem angielskim, ale ten okazał się niewystarczający. Niezbędne jest mi tłumaczenie tekstu francuskiego na polski. Osoba, która podejmie się tego na forum nie tylko może liczyć na moje wyrazy wdzięczności;), ale również na przelew jakiejś kwoty na konto (jeśli takowe zostanie mi podane, to pieniążki od razu prześlę). Zależy mi na szybkim tłumaczeniu, przede wszystkim z zachowaniem myśli przewodniej tekstu. Mój mail: [email]
Poniżej tekst do tłumaczenia:
Ceci n’est pas seulement pour sidérer par un coup bas le débat nominaliste, mais pour montrer comment le signifiant entre en fait dans le signifié ; à savoir sous une forme qui, (54)pour n’être pas immatérielle, pose la question de sa place dans la réalité. Car à devoir s’approcher des petites plaques émaillées qui le supportent, le regard clignotant d’un myope serait peut-être justifié à questionner si c’est bien là qu’il faut voir le signifiant, dont le signifié dans ce cas recevrait de la double et solennelle procession de la nef supérieure les honneurs derniers.
Mais nul exemple construit ne saurait égaler le relief qui se rencontre dans le vécu de la vérité. Par quoi je n’ai pas lieu d’être mécontent d’avoir forgé celui-ci : puisqu’il a réveillé chez la personne la plus digne de ma foi ce souvenir de son enfance qui, heureusement ainsi venu à ma portée, se place au mieux ici.
Un train arrive en gare. Un petit garçon et une petite fille, le frère et la sœur, dans un compartiment sont assis l’un en face de l’autre du côté où la vitre donnant sur l’extérieur laisse se dérouler la vue des bâtiments du quai le long duquel le train stoppe : « Tiens, dit le frère, on est à Dames ! – Imbécile ! répond la sœur, tu ne vois pas qu’on est à Hommes ».
Outre en effet que les rails dans cette histoire matérialisent la barre de l’algorithme saussurien sous une forme bien faite pour suggérer que sa résistance puisse être autre que dialectique, il faudrait, c’est bien l’image qui convient, n’avoir pas les yeux en face des trous pour s’y embrouiller sur la place respective du signifiant et du signifié, et ne pas suivre de quel centre rayonnant le premier vient à refléter sa lumière dans la ténèbre des significations inachevées.
Car il va porter la Dissension, seulement animale et vouée à l’oubli des brumes naturelles, à la puissance sans mesure, implacable aux familles et harcelante aux Dieux, de la Guerre idéologique. Hommes et Dames seront dès lors pour ces enfants deux patries vers quoi leurs âmes chacune tireront d’une aile divergente, et sur lesquelles il leur sera d’autant plus impossible de pactiser qu’étant en vérité la même, aucun ne saurait céder sur la précellence de l’une sans attenter à la gloire de l’autre.
Arrêtons-nous là. On dirait l’histoire de France. Plus humaine, comme de juste, à s’évoquer ici que celle d’Angleterre, vouée à culbuter du Gros au Petit Bout de l’œuf du Doyen Swift.
Reste à concevoir quel marchepied et quel couloir l’S du signifiant, visible ici dans les pluriels dont il centre ses accueils (55)au delà de la vitre, doit franchir pour porter ses coudes aux canalisations par où, comme l’air chaud et l’air froid, l’indignation et le mépris viennent à souffler en deçà.
Une chose est certaine, c’est que cet accès en tout cas ne doit comporter aucune signification, si l’algorithme avec sa barre lui convient. Car l’algorithme, en tant qu’il n’est lui-même que pure fonction du signifiant, ne peut révéler qu’une structure de signifiant à ce transfert.
Or la structure du signifiant est, comme on le dit communément du langage, qu’il soit articulé.
Ceci veut dire que ses unités, d’où qu’on parte pour dessiner leurs empiètements réciproques et leurs englobements croissants, sont soumises à la double condition de se réduire à des éléments différentiels derniers et de les composer selon les lois d’un ordre fermé.
Ces éléments, découverte décisive de la linguistique, sont les phonèmes où il ne faut chercher aucune constance phonétique dans la variabilité modulatoire où s’applique ce terme, mais le système synchronique des couplages différentiels, nécessaires au discernement des vocables dans une langue donnée. Par quoi l’on voit qu’un élément essentiel dans la parole elle-même était prédestiné à se couler dans les caractères mobiles qui, Didots ou Garamonds se pressant dans les bas-de-casse, présentifient valablement ce que nous appelons la lettre, à savoir la structure essentiellement localisée du signifiant.
Avec la seconde propriété du signifiant de se composer selon les lois d’un ordre fermé, s’affirme la nécessité du substrat topologique dont le terme de chaîne signifiante dont j’use d’ordinaire, donne une approximation : anneaux dont le collier se scelle dans l’anneau d’un autre collier fait d’anneaux.
Telles sont les conditions de structure qui déterminent comme grammaire l’ordre des empiétements constituants du signifiant jusqu’à l’unité immédiatement supérieure à la phrase, – comme lexique l’ordre des englobements constituants du signifiant jusqu’à la locution verbale.
Il est aisé dans les limites où s’arrêtent ces deux entreprises d’appréhension de l’usage d’une langue de s’apercevoir que seules les corrélations du signifiant au signifiant y donnent l’étalon de toute recherche de signification, comme le marque la notion (56)d’emploi d’un taxième ou d’un sémantème, laquelle renvoie à des contextes du degré juste supérieur aux unités intéressées.
Mais ce n’est pas parce que les entreprises de la grammaire et du lexique s’épuisent à une certaine limite qu’il faut penser que la signification règne au delà sans partage. Ce serait une erreur.
Car le signifiant de sa nature anticipe toujours sur le sens en déployant en quelque sorte au devant de lui sa dimension. Comme il se voit au niveau de la phrase quand elle s’interrompt avant le terme significatif : Jamais je ne…, Toujours est-il…, Peut-être encore… Elle n’en fait pas moins sens, et d’autant plus oppressant qu’il se suffit à se faire attendre .
Mais le phénomène n’est pas différent, qui du seul recul d’un mais la faisant apparaître, belle comme la Sulamite, honnête autant que la rosière, pare et prépare la négresse pour les noces et la pauvresse pour l’encan.
D’où l’on peut dire que c’est dans la chaîne du signifiant que le sens insiste, mais qu’aucun de ses éléments ne consiste dans la signification dont il est capable au moment même.
La notion d’un glissement incessant du signifié sous le signifiant s’impose donc, – que F. de Saussure illustre d’une image qui ressemble aux deux sinuosités des Eaux supérieures et inférieures dans les miniatures des manuscrits de la Genèse. Double flux où le repère semble mince des fines raies de pluie qu’y dessinent les pointillés verticaux censés y limiter des segments de correspondance.
Toute l’expérience va là-contre, qui m’a fait parler, à un moment donné de mon séminaire sur les psychoses, des « points de capiton » requis par ce schéma pour rendre compte de la dominance de la lettre dans la transformation dramatique que le dialogue peut opérer dans le sujet .
Mais la linéarité que F. de Saussure tient pour constituante de la chaîne du discours, conformément à son émission par une (57)seule voix et à l’horizontale où elle s’inscrit dans notre écriture, si elle est nécessaire en effet, n’est pas suffisante. Elle ne s’impose à la chaîne du discours que dans la direction où elle est orientée dans le temps, y étant même prise comme facteur signifiant dans toutes les langues où : [Pierre bat Paul] renverse son temps à inverser ses termes.
Mais il suffit d’écouter la poésie, ce qui peut-être n’était pas le cas de F. de Saussure, pour que s’y fasse entendre une polyphonie et que tout discours s’avère s’aligner sur les plusieurs portées d’une partition.
Nulle chaîne signifiante en effet qui ne soutienne comme appendu à la ponctuation de chacune de ses unités tout ce qui s’articule de contextes attestés, à la verticale, si l’on peut dire, de ce point.
C’est ainsi que pour reprendre notre mot : arbre, non plus dans son isolation nominale, mais au terme d’une de ces ponctuations, nous verrons que ce n’est pas seulement à la faveur du fait que le mot barre est son anagramme, qu’il franchit celle de l’algorithme saussurien.
Car décomposé dans le double spectre de ses voyelles et de ses consonnes, il appelle avec le robre et le platane les significations dont il se charge sous notre flore, de force et de majesté. Drainant tous les contextes symboliques où il est pris dans l’hébreu de la Bible, il dresse sur une butte sans frondaison l’ombre de la croix. Puis se réduit à l’Y majuscule du signe de la dichotomie qui, sans l’image historiant l’armorial, ne devrait rien à l’arbre, tout généalogique qu’il se dise. Arbre circulatoire, arbre de vie du cervelet, arbre de Saturne ou de Diane, cristaux précipités en un arbre conducteur de la foudre, est-ce votre figure qui trace notre destin dans l’écaille passée au feu de la tortue, ou votre éclair qui fait surgir d’une innommable nuit cette lente mutation de l’être dans l’ du langage :
Non ! dit l’Arbre, il dit : Non ! dans l’étincellement
De sa tête superbe
vers que nous tenons pour aussi légitimes à être entendus dans les harmoniques de l’arbre que leur revers :
Que la tempête traite universellement
Comme elle fait une herbe.
(58)Car cette strophe moderne s’ordonne selon la même loi du parallélisme du signifiant, dont le concert régit la primitive geste slave et la poésie chinoise la plus raffinée.
Comme il se voit dans le commun mode de l’étant où sont choisis l’arbre et l’herbe, pour qu’y adviennent les signes de contradiction du : dire « Non ! » et du : traiter comme, et qu’à travers le contraste catégorique du particularisme de la superbe à l’universellement de sa réduction, s’achève dans la condensation de la tête et de la tempête l’indiscernable étincellement de l’instant éternel.
Mais tout ce signifiant, dira-t-on, ne peut opérer qu’à être présent dans le sujet. C’est bien à quoi je satisfais en supposant qu’il est passé à l’étage du signifié.
Car ce qui importe n’est pas que le sujet en sache peu ou prou. (HOMMES et DAMES seraient-ils écrits dans une langue inconnue du petit garçon et de la petite fille que leur querelle n’en serait que plus exclusivement querelle de mots, mais non moins prête pour autant à se charger de signification).
Ce que cette structure de la chaîne signifiante découvre, c’est la possibilité que j’ai, justement dans la mesure où sa langue m’est commune avec d’autres sujets, c’est-à-dire où cette langue existe, de m’en servir pour signifier tout autre chose que ce qu’elle dit. Fonction plus digne d’être soulignée dans la parole que celle de déguiser la pensée (le plus souvent indéfinissable) du sujet : à savoir celle d’indiquer la place de ce sujet dans la recherche du vrai.
Il me suffit en effet de planter mon arbre dans la locution : grimper à l’arbre, voire de projeter sur lui l’éclairage narquois qu’un contexte de description donne au mot : arborer, pour ne pas me laisser emprisonner dans un quelconque communiqué des faits, si officiel soit-il, et, si je sais la vérité, la faire entendre malgré toutes les censures entre les lignes par le seul signifiant que peuvent constituer mes acrobaties à travers les branches de l’arbre, provocantes jusqu’au burlesque ou seulement sensibles à un œil exercé, selon que je veux être entendu de la foule et de quelques-uns.
La fonction proprement signifiante qui se dépeint ainsi dans le langage, a un nom. Ce nom, nous l’avons appris dans notre grammaire enfantine à la page finale où l’ombre de Quintilien, reléguée en un fantôme de chapitre pour faire entendre (59)d’ultimes considérations sur le style, semblait précipiter sa voix sous la menace du crochet.
C’est parmi les figures de style ou tropes, d’où nous vient le verbe : trouver, que ce nom se trouve en effet. Ce nom, c’est la métonymie.
Dont nous nous souviendrons seulement l’exemple qui en était donné : trente voiles. Car l’inquiétude qu’il provoquait en nous de ce que le mot bateau qui s’y cache, semblât y dédoubler sa présence d’avoir pu, au ressassement même de cet exemple, emprunter son sens figuré, – voilait moins ces illustres voiles que la définition qu’elles étaient censées illustrer.
La partie prise pour le tout, nous disions-nous en effet, si la chose est à prendre au réel, ne nous laisse guère d’idée de ce qu’il faut entendre de l’importance de la flotte que ces trente voiles pourtant sont censées évaluer : qu’un navire n’ait qu’une voile est en effet le cas le moins commun.
À quoi se voit que la connexion du navire et de la voile n’est pas ailleurs que dans le signifiant, et que c’est dans le mot à mot de cette connexion que s’appuie la métonymie .
Nous en désignerons le premier versant du champ effectif que le signifiant constitue, pour que le sens y prenne place.
Disons l’autre. C’est la métaphore. Et tout de suite allons à l’illustrer : le dictionnaire Quillet m’a paru propre à en fournir un échantillon qui ne fût pas suspect d’être sélectionné, et je (60)n’en cherchai pas plus loin la farce que le vers bien connu de Victor Hugo :
Sa gerbe n’était pas avare ni haineuse…
sous l’aspect duquel je présentai la métaphore au temps venu de mon séminaire sur les psychoses.
Disons que la poésie moderne et l’école surréaliste, nous ont fait faire ici un grand pas, en démontrant que toute conjonction de deux signifiants serait équivalente pour constituer une métaphore, si la condition du plus grand disparate des images signifiées, n’était exigée pour la production de l’étincelle poétique, autrement dit pour que la création métaphorique ait lieu.
Certes cette position radicale se fonde sur une expérience dite de l’écriture automatique, qui n’aurait pas été tentée sans l’assurance que ses pionniers prenaient de la découverte freudienne. Mais elle reste marquée de confusion parce que la doctrine en est fausse.
L’étincelle créatrice de la métaphore ne jaillit pas de la mise en présence de deux images, c’est-à-dire de deux signifiants également actualisés. Elle jaillit entre deux signifiants dont l’un s’est substitué à l’autre en prenant sa place dans la chaîne signifiante, le signifiant occulté restant présent de sa connexion (métonymique) au reste de la chaîne.
Un mot pour un autre, telle est la formule de la métaphore, et si vous êtes poète, vous produirez, à vous en faire un jeu, un jet continu, voire un tissu éblouissant de métaphores. N’en obtenant en outre l’effet d’ébriété du dialogue que Jean Tardieu a composé sous ce titre, que de la démonstration qui s’y opère de la superfluité radicale de toute signification pour une représentation parfaitement convaincante de la comédie bourgeoise.